Séance de signatures dans… une église !

Les salons du Livre et les librairies sont, par excellence, les lieux où vendre sa production littéraire et les auteurs s’y affichent volontiers à chaque nouvelle parution, exhibant leur dernier-né de papier avec un doux sourire mercantile. Personnellement, je vois peu d’autres endroits qui se prêtent à ce négoce. Aussi fus-je étonnée d’être invitée à signer dans une église. Etonnée et fière à la pensée que peu d’écrivains connaissent ou ont connu ce privilège… Le pape François peut-être ? Je l’imaginai à Saint-Pierre de Rome, dédicaçant Le nom de Dieu est miséricorde à des fidèles faisant la queue sur des kilomètres. Bref, à me prendre pour une « élue », ça me faisait un peu divaguer !

A dix heures, quand j’arrive à l’église Saint Paterne, sise à Bellou sur Huisne, je suis encore plus émue car j’ai dû braver tous les panneaux d’interdiction de la circulation automobile dans la commune en pleine brocante annuelle. Je n’ai jamais vu autant de monde déambuler dans la grand-rue, d’ordinaire déserte. Quant à la place de stationnement, ce fut un miracle ! Devant le porche de l’église romane et jusque dans la nef, météo oblige !, l’association Bellou Patrimoine vend des livres d’occasion ; nous sommes J., un ami de plume, et moi, ses invités.

Je salue le sympathique écrivain aux allures de Raminagrobis. Il veille à l’entrée, tel le Sphinx, assis devant une petite table à moitié couverte de ses livres. A la place d’une énigme, il interpelle les gens qui passent d’un « Qu’est ce que vous lisez, vous ? », tout aussi déroutant pour ceux qui ignorent les bonheurs de la lecture. Je fais quelques pas jusqu’au chœur, remarque un vitrail du XIXème intitulé « Saint Eloi guérissant les malades à Mortagne-au-Perche » en raison de mon statut tout récent de mortagnaise dont je ne suis pas peu fière. Comme à chaque fois que je pénètre dans une église, je me sens bien comme si les murs épais de ces lieux de paix et de prière avaient le pouvoir de m’apaiser. C’est pourquoi j’aime entrer dans les églises, m’y asseoir un instant, juste pour goûter à cette fraîche quiétude puisqu’il n’y fait jamais bien chaud.

Et c’est vrai qu’on se caille d’autant que nos sourires ou saluts demeurent vains, malgré les efforts de J., qui cible habilement enfants ou chiens, censés toucher la corde sensible de leurs parents ou maîtres… Mais que nenni ! Pas un mouvement d’attendrissement et les accroches font des flops au bout de quelques mots. Par bonheur, entre midi et treize heures, j’entre dans le feu de la conversation avec trois personnes, ce qui me réchauffe tout à fait… Alice, Jacques et Claire ! La dernière est pianiste, nous avons échangé nos cartes de visite, et je n’ai pas seulement signé trois livres, mais fait de belles rencontres !

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