Une des plus anciennes communes du Perche : Sainte-Céronne

Quelle bonne idée que ces journées du patrimoine qui reviennent, chaque année, le troisième week-end du mois de septembre ! Elles m’ont permis de visiter l’église de Sainte-Céronne, que j’avais déjà remarquée, se dressant paisiblement sur les hauteurs du village, telle une sentinelle vigilante entourée de son troupeau de pierres tombales. Ce fut aussi un dimanche riche en enseignements grâce à la rencontre d’une dame, membre de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine culturel de Sainte-Céronne, dont les paroles comme le charmant sourire m’accompagnent encore.

L’attrait de cette basilique romaine repose sur sa nef unique terminée en abside ronde et sa voûte en bois avec tirants… On ne peut pas imaginer de forme ni de matériau plus simples ; cette sobriété dégage une ineffable impression de pureté (des dimensions, des lignes) dans laquelle on se coule avec bonheur. Malgré un ciel très maussade par moment, une douce lumière baigne le chœur et le retable du XVIIème. Au terme d’église, celui de basilique convient mieux car l’édifice dédié à Sainte-Céronne est construit à l’emplacement même de son tombeau, au Xème siècle. Elle fut reconstruite avec sa tour (identique, nous dit-on, à celle de Saint-Germain-des-Prés), au XIIème siècle, suivant une orientation Nord-Sud contraire aux habitudes qui privilégiaient Est-Ouest. Résultat : de mauvaises langues la qualifient de « Sainte-Céronne, la mal tournée »…

Alors que cette Sainte, ainsi glorifiée, avait plus que bien tourné ! Céronne naquit au début du Vème siècle, près de Béziers ; jeune fille, elle se convertit au christianisme, et ni une ni deux ! s’en alla évangéliser les rudes contrées du Nord, dans la forêt sauvage du Perche. Une communauté religieuse l’entoura bientôt et sa notoriété s’étendit d’autant qu’on lui attribuait des miracles. Dans ses legs, deux fontaines aux vertus médicinales, en particulier celle de l’Orion, réputée efficace contre les maladies des yeux… même si Sainte- Céronne mourut aveugle en raison, sans doute, de son très grand âge !

Le chemin de cette fontaine nous est aimablement indiqué ; c’est un édicule surmonté d’une croix qui contient une statuette de la Sainte posée au-dessus de l’intarissable source. Soudain un homme descend d’une voiture, nous croise sur un salut rapide et se penche vers la fontaine pour prendre de l’eau dont il essuie son visage. Son geste m’émeut ! Qu’il puise ses origines en des croyances religieuses ou une superstition, il illustre une fidélité ancestrale (15 siècles tout de même !) qui me touche… et si, un de ces jours, je revenais avec un flacon vide ?

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Une réflexion sur “Une des plus anciennes communes du Perche : Sainte-Céronne

  1. Quel bonheur une nouvelle fois de te lire, Dominique !
    Merveille d’une écriture limpide telle une eau de source vivifiante et pour cause !
    cette fontaine aux vertus rafraîchissantes. C’est comme si nous y étions.
    Merci pour ce partage d’une journée d’un si beau patrimoine.

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