Le grand élagage

Rendez-vous pris, ce matin, avec un élagueur qui doit soulager le toit du garage des branches d’un noisetier envahissant et abattre le frêne qui menace de faire écran au puits de pierre si joli… à condition de le voir !

Je m’étais donc promis un réveil aux aurores afin d’accueillir l’homme de l’art en maîtresse de maison accomplie. Ma montre, arrêtée à six du mat alors qu’il était huit heures et demie,  m’a conduite à lui ouvrir la porte en robe de chambre. Bon,  l’entrevue du Camp du Drap d’Or, ce sera pour une autre fois, et puis le facteur a l’habitude.

A ma porte, se tiennent quatre costauds aux sourires sympathiques ; on se serre la main. D’un instant à l’autre, les hommes se dispersent dans le jardin et le bourdonnement des scies mécaniques m’emplit les oreilles comme de gros taons qui se seraient nichés dans mes prothèses auditives : je suis assourdie… juste un peu plus que d’habitude !

De la véranda, j’observe les branches qui tombent comme s’il pleuvait dru. Un fugace sentiment de pitié me traverse à la pensée qu’un arbre, ça souffre peut-être quand on lui met le tronc à zéro. Fugace car, bientôt, les évolutions de l’élagueur dans le noisetier me semblent bien acrobatiques : pourvu qu’il n’aille pas se casser la margoulette, comme disait ma grand-mère ! J’ai hâte qu’il remette pieds à terre.

Ils sont quatre, le travail avance vite. Pour terminer, les « arbres aux papillons » sont dûment toilettés et moi, grâce au devis de l’élagueur, je viens d’apprendre un mot : ce sont des buddleias.

Publicités