Le Haras du Pin ou le « Versailles du cheval »

Les visites de la famille et des amis en entraînent d’autres, dans la région, avec le Haras du Pin en tête de proue. En effet, comment ignorer le plus ancien des haras nationaux français, le « joyau du patrimoine normand », lorsqu’on a des invités à combler de découvertes triées sur le volet ?… Résultat : j’y ai traîné mes guêtres – si j’ose écrire puisque ceux qui en portent le plus souvent, ce sont les chevaux ! –, une bonne demi-douzaine de fois.

Face aux tentations d’une boutique remplie à ras bord de souvenirs délicats et tous marqués à l’effigie du cheval, les plus prudents (ou les plus radins) s’enquièrent de l’heure de la visite. Pour des raisons de fréquence peut-être, j’arrive toujours à l’heure de celle du parcours/découverte de l’écurie n°1 et donc, la number one, je la connais par cœur ! A preuve, la semaine dernière, je prenais une légère avance sur le parcours afin de compenser mon train de grosse tortue et je pus constater que notre guide, une jeune fille timide, n’oubliait rien d’un laïus immuable, plaisanteries y compris.

La première station, sur les terrasses, permet d’apprécier le point de vue dont jouit le château, qui me fait irrésistiblement penser à Tintin si mes souvenirs de Moulinsart sont bons ! Suivent la sellerie, les écuries, une collection de voitures hippomobiles, etc. Dans la plupart des box, les équidés mastiquent leur paille, tournés vers leurs mangeoires et offrant leurs arrière-trains aux objectifs gourmands des visiteurs.

Soudain, un cheval se retourna et vint vers moi dans un élan imprévisible. Sa tête, passée à l’extérieur, me parut immense ; je n’osai lui caresser le chanfrein, ce qui est au reste interdit. « Tu es beau », ai-je eu le temps de lui dire tandis qu’il abrégeait notre trop brève rencontre en raison de ma frilosité. Une caresse, pourtant, ce n’était pas bien difficile ! me gourmandai-je, avant de me précipiter, comme si je voulais me racheter, vers notre jeune guide et l’assommer de questions : est-ce que les chevaux faisaient une promenade quotidienne ? Jouissaient-ils de suffisamment d’espace dans leur box ? Pouvaient-ils se coucher, se retourner sans se cogner ? Elle me fournit des explications rassurantes. Mais tout de même, ce fut une piètre consolation en face de mon incapacité à répondre à l’appel d’une tête tendue… Comme une main.

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