Lumières d’automne

Avec les belles journées ensoleillées dont nous gratifie cet automne, les lumières de la campagne rivalisent de beauté jour après jour, tandis qu’on voudrait se fondre dans le paysage aux arbres bientôt dénudés de leurs feuilles qui se transforment, à leurs pieds, en tapis ocrés.

Les lumières en soirée, c’est-à-dire assez tôt depuis que nous sommes passés à l’heure d’hiver, empruntent ses plus jolies couleurs à la palette chromatique et, parfois, je peux admirer à l’horizon des teintes pastels, roses pâles, se mêlant à des bleus très clairs, presque évanescents. Devant une telle délicatesse, je ferme les yeux, tentant d’imprimer derrière mes paupières closes le paysage comme pour le thésauriser. Je sais, en effet, que c’est un moment fugace de bonheur, que bientôt la lumière aura changé de tonalité ou que c’est moi qui ne saurai plus la contempler. Je pense au Journal d’Henry Bauchau que je suis en train de lire ; il note : « La beauté fixée, fugitive ou instantanée est constamment présente : à nous de la voir, surtout qu’elle n’est pas appropriable, ni rentable, les obsessions de notre temps. »

Grande fête de l’amitié, le 31 octobre, avec la venue d’une amie dont j’ai déjà parlé dans ce journal. Ce fut le même bonheur des retrouvailles, à la gare de Nogent-le-Rotrou en raison d’une gare de l’Aigle empêchée par des travaux, et le même dialogue heureux durant une journée avec, double cerise sur le gâteau, petit déjeuner et repas de midi sur la terrasse… un 1er novembre ! A son retour chez elle, elle m’écrit qu’elle a aimé les « merveilleuse lumières » et précise : « Les paysages chez vous ont cette douceur humide qu’on trouve dans le nord-ouest de la France, cet apaisement de verdure et de lumière que j’aime beaucoup, moi, la fille du Sud. »

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