La mangeoire des oiseaux

Aux premiers frimas, je constatai la vétusté de la mangeoire en bois du jardin, que les intempéries avaient pourrie. N’en trouvant que des rikiki pour une clientèle que je sais nombreuse, je  décidai de réparer  l’ancienne en compagnie d’une amie ‘bricoleuse’ appelée à la rescousse. La dame veut la remplacer par une planche de contreplaqué que je rejette au motif de laideur ; un morceau de bûche coupée en deux ferait tellement plus joli ! La bûche élue, il faut la trouer pour la poser sur un poteau bringuebalant et assez haut… Manœuvre de tous les dangers pour des septuagénaires ! L’amie, qui me connaît, répète : « Je n’ai pas besoin de vous », du ton de qui ne veut pas s’empêtrer d’une empotée… Et elle a raison car, en quelques tours de vis, la nouvelle mangeoire est placée, prête à offrir son quota de graines à une bande d’affamés.

C’est qu’ils ne sont pas loin, les oiseaux qu’on ne voit pas en été ! Un, deux… et pfutt, tout ce petit monde sautillant arrive en quatrième vitesse. Comment ont-ils fait pour savoir, pour se passer l’adresse ? Secret d’ornithologue que je renonce à percer pour m’abandonner au spectacle d’un incessant ballet entre le magnolia et la mangeoire. Sur les branches de l’arbre, on patiente en attendant son tour avant d’aller se poser sur la mangeoire d’où s’envole la mésange qui faisait la queue, juste devant soi.  Un rossignol joue les butors : non seulement il chasse l’occupant de la mangeoire mais s’y installe pour ripailler en prenant toutes ses aises… »Rossignol de mes amours », tu parles ! C’est un voyou.

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