Les premières pluies

Hier, de véritables giboulées s’abattirent sur notre Perche joli qui avait tant soif. Première réaction : nous nous réjouîmes, ma voisine en particulier, puisqu’elle allait couper à la corvée d’arrosage du saule pleureur qui se trouve au fond du jardin (eu égard à mon âge, j’en suis dispensée). Ah ! que ça fait bien, ah ! que ça fait du bien, répétions-nous, la mine réjouie et l’épiderme ragaillardi par la fraîcheur nouvelle. Certes, nous n’avions en rien participé à l’heureux phénomène météorologique ni à quelque cérémonie païenne en vue de faire tomber des seaux d’eau sur nos têtes, mais nous recevions ce don du ciel comme un cadeau personnel.

Toute la journée et selon le principe même de la giboulée, quelques rayons de soleil alternèrent avec des chutes de pluie assez fortes. Il fallut chercher les parapluies, quel bonheur ! Vers l’heure du repas, on commença à se demander si « ça allait durer longtemps » parce qu’on avait à sortir ou à vaquer à des occupations à l’extérieur : aller porter des carottes et trognons de pain rassis aux pouliches d’un champ voisin, par exemple.

En fin d’après-midi, de timides soupirs laissèrent supposer que ça commençait à bien faire, ces douches en rang serré, les unes après les autres. Et puis la pelouse heureusement tondue samedi, allait nous faire une crise de croissance, boostée par tant d’eau, et il faudrait remonter sur la tondeuse plus vite que prévu ! Au soir, ma voisine me fit remarquer que je ne pouvais même pas dîner sur ma terrasse comme j’aimais tant le faire. Nos soupirs se précisèrent alors que, quelques jours auparavant, nos lamentations visaient cette maudite chaleur qui, disions-nous, nous accablait… Franchement, je me demande parfois s’il ne faudrait pas se rappeler l’aphorisme de Benjamin Franklin, selon lequel : « Ceux qui se plaignent le plus, sont ceux qui sont le moins à plaindre.»

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